The sound of silence : l’édito du n°6

Pendant que Donald Trump prie pour que Dieu lui donne la victoire militaire, « the sound of victory », nous partons à la recherche du vivant qui s’effondre en silence, des vers de terre aux cours d’eau.

Donal Trump est assis sur le toit du monde et contemple le désastre. Est-ce que le dictateur milliardaire se sent responsable de quelque chose ? D’ailleurs, est-il à l’origine de toutes les guerres et de toutes les crises économiques ? Le monde n’était-il pas déjà bien amoché avant qu’il revienne à la Maison-Blanche ? 

Mais Donald Trump ne se pose pas les mêmes questions que vous et moi. Sa conscience est intacte. À ses côtés, des pasteurs chrétiens prient le Seigneur de lui donner la force d’accomplir sa mission de prophète. Le soutien divin à Trump, c’est ce que la pasteure Paula White, sa conseillère spirituelle, nomme « the sound of victory ». Avoir Dieu de son côté, Dieu et des missiles Tomahawk, voilà bien une bénédiction que les Iraniens n’auront pas. 

La foi dont nous parlons au Cri est tout autre. Pour nous, les choses sont plus simples que pour Donald. Nous allons voir ce qu’il y a de plus petit dans le monde et nous lui donnons la parole. En règle générale, ces toutes petites choses ne possèdent pas l’arme atomique ni de technologie de surveillance de masse. En l’occurrence, ce mois-ci, nous sommes allés voir des vers de terre et sachez qu’ils nous ont mieux reçus que certains évêques. 

Dans ce dossier, ce n’est pas « the sound of victory », mais plutôt « le bruit de la défaite » que nous donnons à entendre – celui du vivant qui s’effondre sous nos yeux. Au beau milieu du vacarme du monde, un autre monde se tient là, qui craque et menace de nous emporter avec lui. Car quelle que soit la météo géopolitique, les écosystèmes n’arrêtent pas leur travail. Ce sont les insectes, les animaux, les arbres, les cours d’eau qui permettent aux humains de vivre et qui leur donnent aussi la liberté de tout détruire. Aucune technologie ne remplacera les services écosystémiques. 

Le vivant crève et c’est pourquoi des militants bien humains s’alarment de sa disparition. Des associations sensibilisant leurs voisins au sort d’une zone humide aux écolos des Soulèvements qui détraquent la machine infernale, la biodiversité a trouvé de bons porte-voix. « Le vivant avec nous ! » sera peut-être le slogan du XXIe siècle. 

Cet article est tiré du sixième numéro du Cri. Pour découvrir notre magazine, plus d’hésitation, achetez-le ou abonnez-vous !

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