De Minneapolis à Calais, construire des municipalités solidaires

De Minneapolis aux communes françaises à la veille des élections municipales : vive la résistance créative et l’organisation de réseaux de solidarité par les habitants !

À Minneapolis, les citoyens confrontés à la police de l’immigration de Donald Trump, l’ICE, redoublent d’ingéniosité pour protéger leurs voisins. Sifflet au cou, ils signalent les patrouilles ou les filment pour documenter leurs crimes. Livraison de courses, aide aux personnes âgées et fragiles, mots rassurants et manifestations main dans la main : toutes ces initiatives témoignent de la solidité d’une communauté municipale. En s’attaquant à cette ville, Donald Trump a réveillé un esprit américain de défense des libertés. 

Ce renouveau ne vient pas de nulle part. Il est porté par des groupes d’action locale organisés depuis longtemps, et il y agrège de nombreux citoyens qui ne s’étaient jamais vraiment sentis concernés par la politique. Ce mouvement est aussi soutenu par le maire, Jacob Frey, un démocrate réélu en 2025 pour le troisième de ses mandats, marqués par la défense du logement abordable et d’autres mesures sociales et écologiques. Face à Trump, Jacob Frey a promis que la police municipale « n’appliquerait jamais les lois fédérales sur l’immigration », et engagé des poursuites judiciaires contre ICE. Cette conception de l’action municipale au service des habitants dans leur plus grande diversité en fait l’une des figures de la résistance actuelle aux folies trumpistes. 

Un bastion de solidarité, c’est bien ce que devraient incarner les communes, dont les Français vont élire les maires les 15 et 22 mars. Partout en France, des citoyens prennent conscience de cet enjeu et rejoignent les listes. À Calais, c’est à partir d’un engagement solidaire, notamment auprès des exilés, que s’est créé le collectif « Transformons la ville » (p. 50), qui implique et forme des habitantes et des habitants. 

À l’échelle nationale, une initiative comme Fréquence commune (p. 40) permet à des voisins de monter des listes participatives, en soignant leur diversité et leur ancrage territorial. Une belle porte d’entrée en politique, et un bon moyen de bouter hors des mairies ces dynasties qui vivent sur une rente électorale. L’échelon municipal est essentiel car il permet de répondre aux besoins élémentaires, en particulier des plus précaires. Face à la montée de nouvelles formes de fascisme, comme aux États-Unis, il peut devenir vital. Ne tardons pas à créer et renforcer ces liens. 


Théo Moy

Cet article est tiré du cinquième numéro du Cri. Pour découvrir notre magazine, plus d’hésitation, abonnez-vous !

À lire aussi

  • Daniel Marguerat, l’enquête impossible 

    Daniel Marguerat, l’enquête impossible 

    Le théologien et auteur de best-sellers sur la vie de Jésus et de saint Paul aurait fait l’objet de plusieurs signalements pour des abus sexuels lorsqu’il était enseignant à l’université de Lausanne. L’affaire, relancée ces dernières années par la presse helvétique, nourrit malaise et indignation dans les Églises réformées romandes, notamment dans le canton de Vaud, où l’ancien professeur est reconnu comme pasteur. Alors que les institutions se défaussent les unes sur les autres et peinent à se lancer dans un travail de vérité, les victimes présumées ne disposent pas encore d’un dispositif d’écoute adéquat. Le Cri a enquêté.

  • Féministes chrétiennes : Enquête sur une nouvelle génération 

    Féministes chrétiennes : Enquête sur une nouvelle génération 

    Longtemps marginalisé, le féminisme chrétien connaît ces dernières années un engouement indéniable que les Églises ne peuvent plus étouffer. Au milieu de nombreuses initiatives, l’association Magdala rassemble des femmes et des hommes de différentes générations qui luttent pour vivre une foi libérée du patriarcat clérical.

  • Marie, féministe ?

    Marie, féministe ?

    Marie, vierge immaculée, mère de Dieu et reine du ciel, a longtemps été le réceptacle d’un projet misogyne de l’Église pour les femmes. Mais il n’y a qu’à se rapprocher des Écritures pour saisir le potentiel féministe d’une telle figure, peut-être la première de nos sœurs à libérer de la culture chrétienne patriarcale.

  • Ovidie  : « Parfois, je me dis que j’irais bien vivre avec des religieuses »

    Ovidie  : « Parfois, je me dis que j’irais bien vivre avec des religieuses »

    Elle nous reçoit en banlieue d’Angoulême, toute de noir vêtue et entourée de ses trois chiens, dans une maison dépouillée aux murs tapissés de livres. Réalisatrice et autrice à succès, jadis figure du « féminisme pro-sexe » avec lequel elle a pris ses distances, Ovidie s’est convertie au protestantisme à l’âge adulte. Une foi sur laquelle elle se confie peu.

Newsletter : Pour suivre et recevoir l’actualité du Cri

Une newsletter pour ne rien rater de nos meilleurs contenus gratuits, et suivre les nouvelles du Cri !

[sibwp_form id=1]